Nicolas SARKOZY est le candidat des puissants et des puissances de l’argent. Président du Conseil Général le plus riche de France, ancien maire de Neuilly, la banlieue chique de Paris.
Ancien Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy est bien entendu responsable de la faillite de ce gouvernement en matière de sécurité : des émeutes dans les banlieues fin 2005 à celles de la Gare du Nord, en passant par l’augmentation des violences aux personnes. Il est également responsable de la situation dans la quelle se trouve notre pays en général et les Vosges en particulier : le chômage partout, la précarité qui se répand ! Chef du parti de la majorité, principal Ministre depuis 2002, c’est lui qui a tout décidé, tout soutenu, tout engagé. Et aussi, convenons-en, tout raté. D’ailleurs où sont-ils les Députés, Sénateurs, CG des Vosges qui ont soutenu toutes les mesures ? sont-ils si peu fiers de leur bilan ?..
Je vous le demande : est-ce que vous vivez mieux depuis cinq ans ? En vérité, je connais la réponse. Alors je vous pose une autre question : voulez vous vivre encore moins bien ? Nicolas Sarkozy propose de nouvelles baisses d’impôts pour les plus riches – 68 milliards de cadeaux aux plus fortunés ! Alors, on nous dit qu’il y a aussi des efforts à faire parce que, bien sûr, pour financer ces baisses d’impôts, il faudra créer une franchise santé, c’est-à-dire dé rembourser, c’est-à-dire le recours aux assurances privées, pour ceux qui en auront les moyens ; cette protection sociale-là, nous n’en voulons pas ! Cette politique serait aussi financée par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : où voulez-vous supprimer des fonctionnaires ? parmi les enseignants, en fermant de nouvelles écoles dans nos villages ? parmi les infirmières ? en supprimant de nouveaux hôpitaux ? des services d’urgences comme à Gérardmer ? parmi les agents de l’ONF ? j’ai lu que l’un des bras droit de Nicolas Sarkozy , Monsieur Devedjian est venu ici même, dans le massif vosgien, insulter les agents de l’ONF… c’est inacceptable quand on se souvient du travail formidable accompli par ces agents après la tempête de 1999, pour reconstituer nos forêts –…
Voilà cette "France d'après" que le candidat UMP nous promet et dont je crains qu'elle ne soit que la "France d'après la France". C’est-à-dire une autre France, celle dont nous ne voulons pas. Dimanche s’ouvre le choix entre deux France.
Mais Nicolas Sarkozy, c’est aussi un personnage inquiétant. Et ce sont ceux qui l’ont le mieux connu qui en parlent le plus : ses collègues Ministres, comme Azouz Bégag qui en a écrit tout un livre où il raconte, entre autres, comment Nicolas SARKOZY lui a promis je cite « de lui casser la gueule » pour la simple raison qu’il n’était pas d’accord avec lui. Est-ce bien digne d’un candidat à la présidence de la république ?
En commençant sa campagne par une visite de soumission chez George Bush – sans doute pour être à la hauteur sur la photo ! – il montre qu’il veut aligner la politique étrangère de la France sur celle de Bush… S’il avait été à la place de Jacques Chirac, on peut imaginer quelle aurait été la situation : les soldats Français engagés dans une guerre d’Irak sans issue, des morts parmi nos enfants. Je préfère le soutien de Zapatero en ce moment même à Toulouse où le chef du gouvernement espagnol qui réforme son pays se déplace en personne pour soutenir Ségolène ROYAL.
Nicolas SAKOZY inquiète toute l’Europe. Je lisais récemment un éditorial du quotidien « Le Soir » de Bruxelles qui dénonçait le danger SARKOZY. Comment la France pourra-t-elle relancer l’Europe en agissant ainsi ? Il est vrai que Nicolas Sarkozy veut voler la décision aux Français : alors que Ségolène Royal veut un nouveau référendum pour toute nouvelle décision, Nicolas Sarkozy veut passer par le parlement sans consulter les Français… inquiétant non ?
A plusieurs reprises et encore dans la revue « Philosophie Magazine », Nicolas Sarkozy a évoqué l’Allemagne, je cite : « Il y a beaucoup de nations à travers le monde qui traversent des crises sociales, monétaires, politiques, et qui n’inventent pas la solution finale ni ne décrètent l’extermination d’une race. […]» De tels propos indignes sont la négation de la réconciliation franco-allemande construite depuis 50 ans et dont le plus émouvant symbole fut les mains jointes de François Mitterrand et Helmut Koll devant les tombes de Verdun. Ils sont surtout irresponsables. Comment imaginer après cela aller négocier avec la chancelière allemande, par exemple sur la répartition des suppressions de postes à Airbus ? Ces attaques sont une nouvelle preuve de la brutalité du candidat de la droite. Il ne conçoit les relations entre les individus, les catégories sociales et même les peuples qu’en terme de rapport de force et d’affrontement.
Ces relents des années 30, il les a poursuivis avec ses propos sur la génétique qui traduisent une vision de l’homme et de la société assez proche de l’eugénisme. On serait prédéterminés à être pédophile ou suicidaire, par les gènes… à quand la sélection ? Avec son idée de Ministère de l’Intégration et de l’Identité Nationale, il se rapproche des idées nauséabondes de l’avant guerre. En voulant passer les banlieues « au karcher » il fait de la provocation inutile, monte les Français les uns contre les autres, met le feu aux poudres.
Pourtant il cite Jaurès, Blum, Mitterrand… Sarkozy aurait quand même pu citer Giscard. C’est dur pour Giscard d’avoir Mitterrand comme référence. Mais il aurait pu dire Balladur. Voilà une belle référence pour Nicolas Sarkozy. Et Chirac ? Mais pourquoi il n’a pas dit Chirac ? Il faut le comprendre : Le progrès, les conquêtes sociales, qui les a faites ? C’est la gauche et pas la droite. Mais il y a quelque imposture à citer Jaurès quand on veut remettre en cause le droit de grève des salariés dans notre pays, quand Jaurès, lui, s’est battu à Carmeaux pour arracher ce droit. Oui, il y a du cynisme à vouloir citer François Mitterrand et remettre en cause la retraite à 60 ans et l’impôt sur les grandes fortunes. Mais, là, en un mois, il est parti de Jaurès pour courir après Le Pen ! Peut-être l’a-t-il même rattrapé !
Et puis il va jusqu’au bout de sa relation avec l’extrême droite : D’abord il invite les maires à soutenir Le Pen en lui accordant des signatures : le maire de Cléret la côte dans les Vosges annonce clairement qu’il a donné sa signature à le Pen après avoir entendu l’appel de Sarkozy. Puis, c’est son fidèle lieutenant Brice Hortefeux, Ministre du gouvernement, qui demande une part de proportionnelle aux législatives pour faire entrer le FN au parlement, ce que la droite RPR et UMP n’avait jamais accepté : comme par hasard ce revirement intervient à quelques jours du premier tour … S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Jacques Chirac c’est de n’avoir jamais transigé avec les valeurs républicaines : les gaulistes de l’UMP et tous les républicains du RPR doivent être mal à l’aise ; j’en entend certains déjà… Quand Sarkozy dit « les électeurs de Le Pen m’intéressent » ce serait acceptable s’il cherchait à les ramener au vote républicain, mais lui se contente d’amener ses positions vers Le Pen et cela c’est inacceptable. Mais si, sous ces échanges d'amabilités, se cachait une dangereuse complicité ? Avec la réponse de Le Pen qualifiant Sarkozy d »homme avec qui on peu parler » c’est un accord UMP – FN qui est mis à jour ! L'hypothèse fait frémir. Hormis la tentation de quelques-uns, lors des régionales de 1998, de s'allier avec l'extrême droite, jamais les représentants de la droite classique ne se sont jetés dans les bras du Front national.
Oui, il y a bien le choix entre deux France. Celle d’une France agitée et celle d’une France sereine ; celle d’une France où règne la guerre de tous contre tous et celle d’une France solidaire et responsable.
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